Appel à projets « Démonstration de la valeur des organoïdes et organes sur puce » : ce que les PME et ETI biotech doivent savoir
Bpifrance a ouvert depuis le 3 juillet 2026, pour le compte de France 2030, un nouvel appel à projets destiné à financer des démonstrateurs de valeur autour des organoïdes et des organes sur puce (OOC). Doté d’une logique de preuve de concept translationnelle, ce dispositif s’adresse aux consortiums qui souhaitent démontrer que ces technologies peuvent compléter, voire remplacer, l’expérimentation animale dans les phases précliniques réglementaires. Pour les PME et ETI du secteur des biotechnologies, de la pharma et des medtech, il s’agit d’une opportunité de financement significative, avec une assiette de dépenses comprise entre 2 et 6 millions d’euros par projet.
A retenir du dispositif :
- Opérateur : BPI France, via France 2030
- Calendrier de relève : 3 novembre 2026 / fermeture le 10 juin 2027
- Porteurs attendus : Consortiums de 2 à 6 partenaires (chef de file PME/ETI/GE, partenaire académique ou hospitalier obligatoire)
- Assiette de dépenses : Entre 2 et 6 M€ par projet
- Nature de l’aide : Subventions et avances remboursables (entreprises) ; subventions (acteurs non économiques)
Objectif du dispositif
Financer un simple démonstrateur technologique ne suffit pas : Bpifrance attend des projets qu’ils produisent la matière probatoire manquante à ce jour, autour de trois axes.
Le premier concerne l’évaluation préclinique elle-même : toxicité, efficacité, pharmacocinétique ou pénétration cutanée d’un candidat médicament, vaccin ou principe actif, avec pour ambition de réduire, sur ces points précis, le recours à l’animal. Le deuxième touche à la phase amont de la R&D pharmaceutique, à savoir la manière dont on identifie et valide une cible thérapeutique avant même d’entrer en clinique. Le troisième, enfin, est méthodologique : il s’agit de construire des jeux de données comparables — face à des réponses animales ou cliniques déjà connues — suffisamment solides pour convaincre les autorités réglementaires de la valeur ajoutée du modèle, tout en posant les bases d’une filière française structurée et interopérable à l’échelle européenne.
Un fil rouge traverse ces trois axes : l’apport du numérique. Les porteurs doivent embarquer une brique de modélisation computationnelle ou d’IA, gage de prédictivité et de lisibilité des résultats, avec un niveau de maturité technologique visé de 6 à 7 lorsque cette échelle s’applique — autrement dit des solutions déjà proches d’un usage réel, pas de la recherche exploratoire.
Projets concernés
La liste des applications éligibles est volontairement large, à condition qu’elle vise à terme la substitution d’un test animal réglementaire. Deux familles de sujets ressortent particulièrement :
- des populations ou des maladies pour lesquelles l’expérimentation classique atteint ses limites : pathologies rares, personnes âgées, enfants, femmes enceintes, autant de profils physiologiques difficiles à représenter fidèlement chez l’animal ;
- des questions pharmacologiques centrales dans le développement d’un médicament : sa biodisponibilité, la façon dont l’organisme l’élimine (voies rénale, biliaire, métabolique), sa toxicité potentielle pour le foie, le cœur, les reins ou le système nerveux, ou encore sa capacité à franchir une barrière biologique donnée, qu’elle soit cutanée, intestinale ou hémato-encéphalique.
Qui peut candidater ?
Les candidatures individuelles ne sont pas acceptées : il faut monter un consortium, limité à 6 partenaires chef de file compris, réunissant obligatoirement un partenaire académique ou hospitalier, une PME et une entreprise de taille plus importante (ETI ou grand groupe).
Modalités et taux de financement
Pour les entreprises, l’aide se répartit à parts égales entre subvention et avance remboursable. Aucune aide inférieure à 500 000 € ne sera accordée à une grande entreprise ou une ETI.
- PE : jusqu’à 80% de taux d’aide
- ME : jusqu’à 75% de taux d’aide
- ETI et Grandes entreprises : jusqu’à 55% de taux d’aide
L’accompagnement EPSA
Monter un dossier de candidature pour ce type d’appel à projets suppose de démontrer à la fois la solidité scientifique du modèle, la cohérence du consortium et la robustesse du plan de financement.
Les équipes EPSA accompagnent les porteurs de projets à chaque étape :
- Structuration du consortium
- Rédaction du dossier technique et financier
- Construction du budget prévisionnel et de la stratégie de financement
- Préparation à l’audition devant le jury, puis suivi de l’instruction
- Suivi jusqu’au versement effectif de l’aide
Vous portez un projet autour des organoïdes ou des organes sur puce ?
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