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Électrification des usages pour les entreprises : le vrai frein n'est plus la rentabilité, mais le passage à l'action

12/10/2026
Avis d'expert
Energie & environnement
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L’Agence Internationale de l’Energie, AIE, a publié ce 22 septembre 2026, un rapport sur l’électrification des usages.

Elle estime qu’une part importante du potentiel mondial d’électrification est déjà rentable dans les conditions économiques actuelles. Pourtant, cette dynamique reste freinée par des obstacles bien connus : financement des projets, raccordement électrique, manque d’expertise ou encore complexité des dispositifs d’aide.

Pour les entreprises, l’enjeu n’est donc plus de démontrer l’intérêt économique de l’électrification, mais de créer les conditions permettant son déploiement à grande échelle.

Ce qu’il faut retenir du rapport de l’AIE

  • L’électricité représente aujourd’hui 23 % de la consommation finale d’énergie dans le monde.
  • Avec les technologies déjà disponibles et rentables, le taux mondial d’électrification pourrait atteindre 33 %, contre 23 % actuellement.
  • L’Agence internationale de l’énergie étudie un scénario dans lequel l’électricité représenterait 35 % de la consommation finale d’énergie mondiale d’ici 2035.
  • L’Europe dispose d’un important potentiel de progression, avec près de 15 points d’électrification supplémentaires pouvant être atteints de manière économiquement compétitive.
  • Dans l’industrie, près de 40 % des besoins de chaleur basse et moyenne température pourraient déjà être couverts par des solutions électriques compétitives.
  • Les principaux obstacles au déploiement ne sont plus technologiques : ils concernent surtout le financement des projets, les infrastructures électriques, les capacités de raccordement électrique et la disponibilité des compétences.
  • Pour accompagner cette transformation, les investissements mondiaux dans l’électrification des usages devraient atteindre 1 000 milliards de dollars par an à l’horizon 2035.

L’électrification devient un levier de compétitivité pour les entreprises

Longtemps perçue comme un levier avant tout environnemental, l’électrification s’impose désormais comme un enjeu de compétitivité pour les entreprises. Selon l’Agence Internationale de l’Energie, AIE, les technologies disponibles aujourd’hui permettraient déjà de porter le taux d’électrification mondial de 23 % à près de 33 % de la consommation finale d’énergie.

Cette dynamique s’explique par les gains de performance des équipements électriques. Les pompes à chaleur, les moteurs électriques ou encore les procédés industriels électrifiés permettent de fournir davantage d’énergie utile pour une même quantité d’énergie consommée. Dans de nombreuses applications, cette efficacité compense désormais le différentiel de prix entre l’électricité et les énergies fossiles.

Pour l’Europe, l’enjeu est particulièrement stratégique. Région fortement dépendante des importations d’énergie, elle dispose d’un important potentiel d’électrification rentable. Dans un contexte marqué par la volatilité des marchés énergétiques et le renforcement des politiques climatiques, l’électrification apparaît comme un levier de maîtrise des coûts, de résilience et de décarbonation.

Le message de l’AIE est clair : pour une part croissante des usages, la question n’est plus de savoir si l’électrification est pertinente, mais comment accélérer son déploiement à grande échelle.

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Électrification industrielle et tertiaire : où se situent les principaux gisements de performance ?

L’électrification vient s’inscrire comme l’un des enjeux majeurs au sein de cette compétitivité économique qui permet à la fois de garantir la sécurité énergétique et de lutter contre le réchauffement climatique. La part de l’électricité dans la consommation finale mondiale d’énergie est passée de 17 % en 2000 à 23 % en 2025.. Cette progression résulte d’une évolution significative de la demande énergétique globale à travers les différents secteurs consommateurs. La part de consommation d’électricité dans le secteur du bâtiment représente 28% contre 30% pour les industriels, et seulement 2% pour le transport.


Industrie : électrifier la chaleur pour réduire les coûts énergétiques

Dans le rapport de l’AIE, les industriels bénéficient d’un potentiel économique important : l’électrification présente une opportunité industrielle pertinente, et les revenus des secteurs liés à l’électrification représentent un cinquième de la croissance des revenus industriels mondiaux depuis 2020.

Les premiers gisements identifiés par l’AIE concernent la chaleur industrielle inférieure à 150°C. La chaleur est aujourd’hui, un défi majeur de décarbonation pour les sites industriels. L’Agence Internationale de l’Energie affirme que près de 40% de la chaleur industrielle fossile basse et moyenne température, inférieure à 400°C, pourrait être électrifiée de manière compétitive et rentable.

Parmi le secteur industriel, ce sont les acteurs de l’agroalimentaire, des boissons, du papier-carton, du textile, de la pharmacie et une partie de la chimie qui ont le plus à gagner en matière de compétitivité face à cette accélération énergétique.


Tertiaire : l’électrification s’invite dans les projets de rénovation

Dans le secteur tertiaire, les opportunités se concentrent principalement lors du renouvellement des équipements de chauffage et de climatisation. Le remplacement d’un groupe froid ou d’une installation CVC constitue souvent le moment le plus pertinent pour intégrer une logique d’électrification.

Les pompes à chaleur réversibles répondent particulièrement bien à cette approche. Capables d’assurer simultanément le chauffage et le rafraîchissement, elles s’adaptent à l’évolution des usages des bâtiments tertiaires tout en améliorant leur efficacité énergétique.

Cette solution prend également tout son sens dans le cadre des exigences croissantes de pilotage énergétique des bâtiments, notamment avec le déploiement du décret BACS et la généralisation des systèmes de gestion technique.

Financement, raccordement électrique et flexibilité : les principaux freins à l’électrification

Si l’électrification est souvent rentable sur le papier, le passage à l’action reste complexe.

L’AIE identifie quatre freins majeurs à l’électrification des usages :

  • Le coût d’investissement initial,
  • L’accès au financement,
  • Les contraintes de raccordement électrique,
  • Le manque de compétences techniques.

La question du financement est particulièrement sensible pour les PME et les collectivités. Les gains énergétiques existent, mais les capitaux nécessaires au démarrage peuvent freiner la décision. C’est pourquoi, l’AIE recommande le développement d’aides à l’investissement, d’accompagnements techniques et de solutions permettant de sécuriser les projets. Les dispositifs de soutien, comme les certificats d’économies d’énergie (CEE), les subventions publiques ou les mécanismes de financement tiers, deviennent alors des leviers déterminants pour améliorer la rentabilité et accélérer la prise de décision.

Le rapport met également en avant le rôle croissant de la flexibilité énergétique. La multiplication des heures à prix négatifs sur les marchés électriques crée de nouvelles opportunités pour les entreprises capables d’adapter leurs consommations grâce au pilotage énergétique, au stockage thermique ou aux équipements hybrides.

Enfin, le raccordement devient un sujet critique. L’AIE souligne que de nombreux projets économiquement pertinents sont retardés par l’insuffisance des capacités réseau ou par les délais de connexion. Anticiper les besoins en puissance dès la phase d’étude constitue donc un facteur déterminant pour sécuriser la mise en œuvre des projets.

L’AIE prévoit un triplement des investissements dans l’électrification des usages

Au-delà des technologies, le rapport met en lumière l’ampleur économique de la transformation en cours. L’AIE prévoit un triplement des investissements mondiaux consacrés à l’électrification des usages d’ici 2035, pour atteindre près de 1 000 milliards de dollars par an. Cette dynamique reposera sur des milliers de décisions prises par des entreprises, des collectivités et des acteurs industriels.

Dans ce contexte, la question n’est plus uniquement de savoir quelles technologies déployer, mais comment construire des projets robustes, rentables et compatibles avec les contraintes techniques et financières de chaque organisation.

L’électrification s’impose ainsi comme un levier majeur de compétitivité, de souveraineté énergétique et de décarbonation. Les entreprises capables de structurer dès aujourd’hui leur trajectoire d’électrification bénéficieront d’un avantage croissant face à la volatilité des marchés énergétiques et aux évolutions réglementaires.

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L’électrification est au cœur des enjeux économiques pour les acteurs industriels et tertiaires. Nos experts interviennent dans l’identification des gisements d’électrification, le financement de vos projets et leur mise en œuvre opérationnelle :

  • Réalisation d’un audit énergétique
  • Identification des gisements d’électrification et des usages prioritaires
  • Elaboration de votre feuille de route de décarbonation
  • Recherche et mobilisation des financements (CEE, subventions, aides publiques…)
  • Pilotage, déploiement et suivi des performances

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