loi de finance 2026

Loi de Finances 2026 : ce qui change vraiment pour vos dispositifs d'innovation et d'investissement

27/02/2026
Avis d'expert
Financement innovation & investissements

Promulguée le 19 février 2026 après validation du Conseil constitutionnel, la Loi de Finances pour 2026 est désormais en vigueur. Pour les entreprises innovantes et les investisseurs dans les filières vertes, le texte apporte des signaux forts : des dispositifs stabilisés, d’autres prolongés, et une nouvelle catégorie qui ouvre des opportunités encore peu exploitées. Voici ce que vous devez retenir — traduit en impact concret pour votre stratégie. 

Aides fiscales à l’innovation : les dispositifs stables, une visibilité retrouvée 

Bonne nouvelle pour les équipes R&D : les dispositifs socles ne bougent pas. Le CIR, CII, CIC, l’IP Box, le CIJV et le CIMA sont reconduits sans modification. Pas de changement de taux, pas de restriction d’assiette, pas de nouvelle condition d’éligibilité. 

C’est un signal de stabilité bienvenu dans un contexte budgétaire tendu. Pour les directions financières et R&D, cela signifie une chose simple : vos paramètres de planification fiscale 2026 restent valides. 

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C3IV : prolongé jusqu’en 2028, mais profondément reconfiguré 

Le Crédit d’Impôt à l’Investissement dans l’Industrie Verte (C3IV) était l’un des grands suspens de cette loi de finances. Il est prolongé jusqu’au 31 décembre 2028, grâce à l’adoption d’un nouveau cadre européen — le Clean Industrial Deal State Aid Framework (CISAF) — en remplacement du TCTF qui arrivait à expiration. Depuis 2024, le C3IV a déjà soutenu 60 projets stratégiques représentant environ 23 milliards d’euros d’investissement. 

Cette prolongation s’accompagne d’évolutions importantes à maîtriser pour les demandes déposées à compter du 1er octobre 2025 : 

Baisse des taux de 5 points : Le taux de base passe de 20 % à 15 %, les taux majorés (PME, zones défavorisées, etc.) étant ajustés dans la même proportion. Le dispositif reste attractif — jusqu’à 55 % selon les situations — mais le calibrage financier des projets doit être revu. 

Plafonds désormais appréciés par projet, et non par entreprise : Un projet peut désormais bénéficier d’un crédit d’impôt plafonné à 150 M€ par projet (200 M€ ou 350 M€ en zones AFR). C’est une évolution structurante pour les groupes portant plusieurs projets simultanément. 

Assouplissement de la condition de chiffre d’affaires sectoriel : Les entreprises n’ont plus à justifier d’au moins 50 % de leur CA dans le secteur concerné. Une ouverture significative pour les porteurs de projets en phase de démarrage ou les entreprises diversifiées. 

Révision des activités éligibles pour les batteries, panneaux solaires et éoliennes — sans modification pour les pompes à chaleur. 

Un point de vigilance majeur : l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions reste conditionnée à l’approbation préalable de la Commission européenne au titre du CISAF. Un commentaire administratif au BOFIP viendra préciser les modalités d’application dès cette décision obtenue. 

Statuts JEI : maintien et création d’une nouvelle catégorie à impact 

Les exonérations TFPB et CFE liées au statut JEI sont maintenues jusqu’en 2028. Pas de remise en cause du dispositif existant. 

La vraie nouveauté, c’est la création d’une Jeune Entreprise à Impact (JEII), codifiée à l’article 44 sexies-0 A du CGI. Ce nouveau statut cible les PME créées ex-nihilo depuis moins de 8 ans, dont les dépenses de R&D représentent entre 5 % et 20 % des charges fiscalement déductibles — et qui répondent aux critères d’une ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale) ou d’une ESS (Entreprise Sociale et Solidaire). 

Les avantages sont alignés sur ceux de la JEI classique, avec un taux spécifique de réduction IR-PME (dite Madelin) à 40 % — contre 50 % pour les JEI — pour les entreprises créées avant le 31 décembre 2023. Le dispositif est temporaire, avec une extinction prévue au 1er janvier 2029. 

À noter également : la réduction IR-PME sur les souscriptions via FCPI ne permet plus de bénéficier du taux de 25 %, sauf si la souscription concerne une JEI — auquel cas le régime est maintenu à 30 %. 

Aides directes à l’innovation : des crédits en hausse dans les filières stratégiques 

Sur le volet des aides directes, deux signaux positifs méritent attention : 

Le budget Défense bénéficie d’une hausse de +6,5 milliards d’euros, ouvrant des perspectives pour les acteurs positionnés sur les technologies duales ou les chaînes d’approvisionnement stratégiques. 

Le programme France 2030 voit ses crédits augmenter de +8 % par rapport à 2025 (+5 128 M€), même si une réduction de 1,1 milliard d’euros du budget global a été opérée en parallèle. La dynamique reste favorable pour les porteurs de projets industriels et d’innovation profonde. 

Ce qu’il faut retenir 

La Loi de Finances 2026 ne bouleverse pas l’écosystème fiscal de l’innovation — elle le consolide sur les fondamentaux et l’enrichit sur des segments ciblés. Les dispositifs éprouvés (CIR, CII, CIC) restent intacts. Le C3IV est pérennisé mais reconfiguré : il faut recalibrer. Et la JEII ouvre une voie nouvelle pour les structures à impact qui n’avaient pas accès aux statuts JEI classiques. 

Dans tous les cas, la complexité technique de ces dispositifs — notamment l’interaction entre le C3IV réformé et les nouvelles règles européennes — rend l’expertise d’accompagnement plus déterminante que jamais. 

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Sources :
Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 · Décision n° 2026-901 DC du Conseil constitutionnel · Journal Officiel du 20 février 2026 · vie-publique.fr · conseil-constitutionnel.fr
 

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